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Interview de Cyvard
Mariette, explorateur de l'onirique...
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Pouvez-vous vous présenter rapidement?
J'étais professeur dans un collège du Pas
de Calais.
Je mène des recherches dans le domaine paranormal, de l'ésotérisme.
Je donne des conférences dont :
- "L'initiation par le rêve",
-
"Rencontre avec le gardien de la santé"
qui sont,
semble-t-il, appréciées du public.
J'anime aussi des
séminaires sur le tarot, la quête du Graal, la voyance, ...
- Vous avez écrit un livre qui
s'intitule "L'initiation par le rêve"?
Ce livre résulte de 20 ans d'expériences
pour vérifier des écrits anciens, des grimoires, des rituels
sacrés. Il est édité chez Planquart à Lille.
- Pourquoi l'initiation et pourquoi la
combiner au rêve?
Parce que depuis ma naissance, je baigne dans un
milieu très particulier. Mon arrière-grand-mère était
une voyante célèbre, connue sous le nom de Madame Irma.
Vers 16 ans, j'ai eu mes premiers rêves
initiatiques, ceux qui laissent un souvenir très net. Les rêves
que j'avais à cet âge, ne correspondaient pas aux rêves
habituels, j'avais pénétré dans d'autres mondes grâce
à des clés inconscientes.
Le mode fonctionnement m'intéressait, je
me suis donc demandé comment accéder librement à ces
mondes merveilleux et y retourner.
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Quels sont les apports du rêve?
Le rêve est une technique parmi d'autres. Il est plus facile et
moins dangereux; il accélère le processus initiatique; il
permet de rencontrer le gardien du seuil, de vérifier si la réincarnation
existe pour soi, de faire de la voyance, de vérifier s'il est
possible de se dédoubler, d'utiliser son corps astral sans danger,
de faire différents travaux exploratoires (Graal, Kabbale, tarots,
...) en dehors des contraintes de l'espace et du temps.
- Y a-t-il d'autres avantages à la technique du rêve?
L'étude psychologique et symbolique demande du temps. La pratique
du rêve permet d'en gagner. Les verrous naturels de notre pensée
apparaissent et laissent deviner des portes que nous pouvons tenter
d'ouvrir avec précaution. Avons-nous enfermé un trésor,
ou un monstre?
Si cette technique s'avère moins dangereuse, cela ne veut pas
dire qu'elle ne comporte aucun risque. Certaines explorations m'ont parues
à moi, qui vadrouillais, très particulières. La
meilleure des techniques connaît elle aussi des limites.
- Rêver n'est-ce pas en définitive une fuite des réalités?
L'initié se baigne dans la lumière spirituelle; il
retourne affronter le monde terrestre, il apporte ses acquis. La fuite de
soi et des réalités sociales est sans issue. Nous nous
devons de découvrir notre identité, notre vocation,
d'accepter les expériences qui développent notre caractère.
Lorsqu'on a perçu les rêves dont on avait besoin, le moment
est venu de travailler personnellement.
On a appris que l'eau existe, on a reçu à boire, c'est
maintenant à soi de trouver un point d'eau, de creuser le puits et
d'y puiser. C'est peut-être ce qu'il y a de plus dur quand on s'est
engagé dans cette quête : la nécessité
d'avancer sans possibilité de retour.
- Pourquoi employez-vous le terme de rêve là où
d'autres parlent plus volontiers de visualisation ou de méditation?
Le rêve est un mot. Des auteurs emploient d'autres termes,
j'utilisé celui de rêve pour des raisons de simplicité.
Il existe deux formes de travaux: le rêve nocturne en état
de sommeil et le rêve en état de veille ou en état de
relaxation profonde. Ce dernier est différent mais reste une
production d'images de type associatif ou masqué. Dans la dernière
éventualité, le rêveur a retrouvé sa vérité
intérieure mais il refuse de la laisser transparaître.
- Quels sont les avantages du rêve orienté conscient?
Qui dit conscience dit souvenir; qui dit orientation dit choix, donc
activité. Cette technique sert à redécouvrir des
possibilités, à réécrire le programme, à
faire tomber les masques inutiles, à sortir de la prison qu'on
s'est construite, à se libérer de la souffrance, ... . On
apprend à se connaître, à découvrir ses goûts,
ses dons, ... .
On peut mettre en scène les autres, réinventer la vie.
Il est bon chaque jour de travailler un rêve, de la romancer. A un
certain niveau, l'imagination de fantaisie ne vient plus perturber les
données; chaque rêveur met en place des connexions qu'il peut
comprendre, qu'il réunit de façon à améliorer
son existence. C'est une expérience à vivre sans préjugés
et sans peurs, sans aucun dote un chemin du bonheur.
- Selon vous, pourquoi les hommes sont-ils malheureux?
Beaucoup voyagent dans un labyrinthe; mais surtout la plupart d'entres
eux vivent avec des pièces de monnaie au lieu de billets de banque.
Les hommes sont porteurs d'un grand mystère, de secrets. Ils
conservent le souvenir d'un monde meilleur. Ils ont au plus profond de
leur coeur un désir de pureté, de vérité,
d'amour; que des charlatants exploitent et que des faiseurs d'argent
manipulent. Les formes de rêves indiquent si on est esclave ou homme
libre, heureux ou malheureux. Ainsi le rêve en couleurs est souvent
synonyme de mieux-être, de bonheur.
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Est-ce pour ces raisons que dans un séminaire, vous faites
rencontrer le gardien des sentiments, le gardien du corps, le gardien des
forces cachées, le gardien du chemin, le gardien des trésors
et des secrets?
Nous l'avons vu, nous aspirons naturellement à prendre conscience
des merveilles que nous portons en nous. Malheureusement des gardiens nous
empêchent d'accéder à nos propres trésors. Ces
gardiens sont une fonction normale dans tout individu mais nous leur avons
laissé prendre une influence anormale. Étant enfant, ce choix
assurait notre survie, maintenant c'est une prison. Nous étonnons
que notre vie soit pleine de souffrances, de côtoyer le malheur, la
maladie. Or, très souvent nous sommes à l'origine de ce qui
nous arrive. En effet, notre désir de liberté et notre
construction emprisonnante se combattent. Comme nous ne savons comment
nous échapper nous songeons au suicide. Nous appelons la maladie,
les accidents. Nous ne pouvons plus dormir, faisons des cauchemars,
accusons nos parents, nos enseignants, nos voisins, nos patrons, la société.
Nous les rendons responsables d'un choix qui nous a sauvé pendant
une journée, qui a assuré notre survie pendant huit jours
mais que nous réactivons inutilement aujourd'hui.
- Les résultats d'un rêve sont-ils toujours exact?
Il se passe toujours quelque chose, la difficulté majeure réside
dans l'interprétation. Le voyant est un être en état
de faiblesse, il a tendance à répondre aux demandes des
clients, au lieu de donner ce qu'il ressent de façon brute sans émettre
des idées personnelles. L'interprétation des rêves
pose le même problème, ce qui fait que je n'accepte que des
personnes responsables et que je refuse toutes celles qui attendent d'être
transformées par une formule magique.
- Peut-on, comme on le voit souvent, se permettre des interprétations
systématiques?
Il y a des domaines sur lesquels je ne me prononce pas, parce que je me
suis aperçu que la vérité d'hier est un mensonge de
demain, que trop souvent il y a des choses que j'affirme aujourd'hui sans
trop savoir pourquoi et qui se révèlent exactes quelques
jours plus tard. Voir hier, maintenant, demain est un jeu: le jeu de
l'homme qui cherche l'impossible. L'homme descend, monte sur une ligne
verticale; il peut travailler aussi à l'horizontale.
Ce qui me passionne, c'est la descente à l'intérieur de
soi pour y trouver une certaine liberté; prendre conscience des mécanismes;
partir à la recherche des souffrances de base aussi bien dans la
grande enfance, la petite enfance, le moment de la naissance et éventuellement
avant, bien avant. Partir à la quête de soi; chercher ce qui
m'a fait fonctionner à un moment ou à un autre; voir quels
sont les noeuds, quels sont les liens. Comment je me suis lié?
Quels sont les liens que je désire conserver? Quels sont les noeuds
que je souhaite défaire?
Tant que l'homme est dans un système, il est tranquille, il
fonctionne, il est bien. Comme le gars qui serait à l'hôpital
sous perfusion puis d'un seul coup se rend compte qu'il est train de se
faire "vampiriser" tout doucement, sans douleur. Si maintenant,
il veut s'en sortir, il se trouve en état de souffrance, de
douleur, ... .
- La démarche initiatique peut-elle permettre de se libérer?
Il faut avoir confiance dans les forces qui sont en soi. L'intellect est
piégé, il ne repose plus sur les pouvoirs antiques et n'est
pas renforcé par eux ... . La chance, le talent, la sagesse,
proviennent des profondeurs intérieures des expériences dont
on accepté d'enrichir sa vie. D'autres éprouvent les mêmes
difficultés, les mêmes idées destructrices. Nos colères,
nos peurs, nos joies, nos tristesses ont toutes une issue.
Vaincre signifie se vaincre, il ne peut y avoir victoire sur autrui.
Si on subit les autres, c'est qu'on refuse encore de construire le
temple où on doit s'installer.
-
Le rêve peut-il apporter des données plus concrètes?
Il peut permettre de résoudre des difficultés banales, de
trouver la solution du problème de mathématiques. On raconte
même qu'Enstein a trouvé l'intuition qui a aboutit au concept
de relativité dans un état de rêverie.
- Nous avons beaucoup parlé de la rêverie dirigée
mais le rêve nocturne possède lui aussi des lettres de
noblesse. Que pouvez-vous en dire?
Les malades venaient se mettre en incubation dans le temple en Grèce
(l'abton) mais aussi en Asie et au Moyen-Orient. Les songes ainsi provoqués
apportaient la guérison. Les surréalistes tenteront de récupérer
cette fonction du rêve en état de veille, S. Alexandrian dans
"le surréalisme et le rêve" décrit l'état
des recherches sur le rêve. Auguste Breton, Aragon proclament que le
réel et le rêve ne doivent pas être dissociés.
Cet état est utilisé dans certains cultes des Orishas et
Vodouns aussi à Baiha, dans Candomblès et Terreiros qu'en
Afrique. La secte des Assassins a utilisé l'état de
confusion entre le rêve diurne et le rêve nocturne : la légende
raconte que le chef des Ismaéliens faisait transporter ses
guerriers dans un jardin paradisiaque, puis les replongeait dans leur
garnison où persuadés de la réalité du
paradis, ils devenaient aisément utilisables.
Hervey de Saint-Denys en 1867 décrit les procédés
utilisables pour pouvoir déclencher ses rêves nocturnes et
les faire varier dans leurs déroulements. En 1848, Maury décrit
les phénomènes obtenus à l'état de somnolence
les yeux fermés. Il les analyse et essaie de remonter les chaînes
associatives. Théodore Flournoy dans "Des Indes à la
planète Mars" décrit des états proches de
certains phénomènes du rêve diurne.
- Comment orienter un rêve nocturne?
On prend un symbole, on le redessine ou on le décalque, on le
place sous l'oreiller et on obtient un résultat. Pas forcément
celui attendu mais toujours significatif. Cela dépend des capacités
mais il vaut mieux se préparer à noter rapidement les résultats
car dès qu'on a posé la tête sur l'oreiller des choses
se produisent, il vient un flot tellement abondant qu'il est impossible
d'en analyser le contenu sur le champ.
Il y a parfois des sensations désagréables. Cela signifie
que le symbole ne convient pas pour le moment. Plus tard le rêveur
pourra y retourner mais pas pour l'instant, il faut un autre instrument
qui rendra plus accessible le domaine à explorer. Sonder le monde
du rêve c'est comme entrer dans une pâtisserie. Tu peux avoir
envie de tout mais tu n'es pas capable de tout manger.
- Cerains affirment qu'ils ne rêvent jamais.
Tout le monde rêve, c'est une vérité reconnue par
les médecins; chaque nuit nous rêvons 4 ou 5 fois et ne
gardons souvenir que des rêves qui sont suivis d'un éveil.
Tous ne se souviennent pas de leurs rêves. Nous avons parfois besoin
d'un truc pour redécouvrir un accès à une liberté,
par le rêve initiatique, ou thérapeutique.
Des rêves apportent des solutions aux difficultés de la vie
quotidienne; certains permettent de rencontrer des êtres réels
ou non; d'autres nous font voyager dans l'espace et dans le temps. Les
personnes qui ne rêvent pas, c'est-à-dire qui ne se
souviennent pas de leurs rêves, ont souvent une vie plus difficile
que les autres. Parfois, elles sont prises au piège de l'éducation
qui les a contraints à oublier les rêves.
Tout le monde n'est pas doué pour le rêve mais tous, nous
sommes aptes à la rêverie. Tous les remèdes prescrits en rêve ne sont pas infaillibles mais à l'heure des
désespoirs la plus insignifiante des bougies est plus lumineuse que le soleil.
- Y a-t-il encore des lieux pour rêver?
Sortis du temple entrons à l'église et obtenons les mêmes
résultats en dormant au pied de l'autel ou sous la statue d'un
saint; les chrétiens utiliserons la technique sans sacrifice autres
que ceux de la prière ou de l'encens. Non seulement les lieux
peuvent encore fonctionner, mais il est possible d'en créer d'autres
en choisissant selon la science de la construction des temples des lieux
deviendraient sacrés.
- Ne peut-on opposer à tout cela des raisonnements de type
scientifique?
Les objections peuvent être nombreuses, et je les accepte toutes
car elles ne m'intéressent plus. Quand un système fonctionne
bien, il est important de l'utiliser et de laisser les ergoteurs perdre
leur temps. Une restriction cependant. Le conseil d'un médecin qui
a fait son doctorat, qui a de l'expérience ou d'un thérapeute
sérieux restent une nécessité.
Bien fol qui se fie stupidement à ses rêves, vrai fou qui
les ignore.
Propos recueillis par Pascal Rivière et publiés dans Réseaux.
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