Le Martinisme : Ce qu'il est, ce qu'il n'est pas.

Notre courant de pensée n'est pas monolithique.
Vous trouverez ici trois points de vue.

 

Troisième point de vue:

La plupart des présentations du Martinisme que j'ai pu considérer ont toujours tourné dans des approches historiques et dans une démonstration de filiation. Je vous préviens que je ne jouerai pas à ce petit jeu la : Tout d'abord parce que je ne m'en sens pas l'envie ensuite parce que je n'ai pour l'instant jamais pris le temps de me livrer à ce petit travail de forçat. J'ai préféré profiter d'autres bienfaits du Martinisme et c'est plutôt de cela que j'ai envie de vous présenter.
Le Martinisme est en vérité une curieuse mixture alliant la spiritualité, la philosophie, le christianisme, les religions, des éléments rituels, … .
Depuis que l'homme des origines s'est questionné sur le sens de sa vie puis le sens de la vie, du monde, de l'univers, … des quantités de réponses ont été apportées et ne manqueront pas de venir. Le Martinisme est une de ces réponses et je ne prétends pas qu'elle soit la meilleure. Prétendre détenir la meilleure solution à ce type de question est d'ailleurs une erreur grossière quand on songe à la finitude de nos facultés par rapport à l'infinie complexité du monde.
Le martinisme comporte divers postulats mais je vous averti déjà que s'ils font partie de notre enseignement, ils ne constituent en rien des dogmes. Ils sont juste soumis à votre entendement, votre esprit critique. Nous ne cherchons en rien à convertir, juste à questionner.
Je crois ici judicieux de reprendre un passage cité dans la précédente présentation.
L'Ordre Martiniste n'est pas, ou n'est plus, une Société secrète.  Il groupe un ensemble d' "hommes de désir " - selon l'appellation de Louis Claude de Saint Martin - c'est-à-dire d'hommes de bonne volonté mus par le désir de réintégrer consciemment leur patrie céleste.
Qu'est-ce que cela signifie en clair ?
Notre tradition qui puise entre autres dans les écrits d'un certain Martinez de Pasqually affirme que l'homme aurait eu un statut pas forcément angélique mais proche et aurait chuté suite à une faute dans notre monde matière.
Suite à une deuxième faute (l'homme est décidément incorrigible), nous aurions en plus gâché ce monde de la matière en le rendant tel que nous le connaissons dans l'histoire mais encore aujourd'hui. La souffrance, la mort, le mal et d'autres choses « joyeuses » du même type font partie de la vie de l'homme mais l'homme par sa conduite peut inverser la tendance et amener à réintégrer le monde de la matière et le monde des esprits au divin.
Je vous préviens que cette présentation des choses constitue sans doute un raccourci mais elle a le mérite d'être simple pour une première compréhension.
Si vous voulez en savoir plus, les explications se trouve dans " Le traité de la réintégration des êtres " de Martinez de Pasqually. Hélas, cet ouvrage s'avère le plus souvent hermétique au lecteur qui n'est pas aguerri aux joies de l'ésotérisme et des écrits alambiqués.
Contrairement à Martinès de Pasqually, qui prétendait obtenir des résultats par des opérations magiques, Papus plus d'un siècle plus tard engagea l'Ordre Martiniste dans ce qu'on appelle " la voie cardiaque ", par opposition à la " voie opérative ".  Sans verser dans un mysticisme qui peut devenir une cause de déséquilibre, Papus comme d'autres auteurs mystiques préconisa essentiellement le recours à la prière.
L'âme sortie de Dieu veut retourner à lui. Ce cheminement est interrompu par le péché et l'infidélité. Le cœur de l'homme est donc pris dans un mouvement perpétuel et n'arrivera à accéder au repos que dans l'Eternel.
Certaines âmes parce qu'elles recherchent Dieu par des actions au dehors et non par une quête en elle-même se perdent en travaux (prières, invocations, purifications, mortifications, recherches …) extérieurs pour guérir une blessure qui est toute intérieure.  
Une prière sincère et désintéressée donne généralement des résultats visibles, et sans qu'il puisse en résulter pour l'intéressé un danger ou un risque quelconque.  Tandis que la voie opérative, qui vise à commander aux forces et aux êtres de l'invisible, expose le néophyte aux plus grands dangers (Dangers magiques selon certains et surtout psychologiques selon moi).
Celui qui cherche donc à pratiquer la magie en entrant en Martinisme se fourvoie donc dans son choix de courant.
La prière va donc être un de nos outils et dans certaines circonstances, elle sera soutenue par un rituel. Ce rituel, s'effectue entre autres dans des réunions martinistes qui se tiennent à raison d'une fois par mois.
Durant ces réunions, un officiant et des participants effectuent certains gestes, nous récitons certains textes tels qu'ils sont décrits dans un rituel qui nous a été transmis par nos initiateurs.
Si le mot rituel, vous questionne, vous pouvez vous faire une idée de ce que c'est en pensant à une messe dominicale, un enterrement, un baptême, une fête du parti socialiste, … ce sont des rituels.
Je ne vous décrirez pas ici notre rituel puisqu'il faut avoir été initié dans notre Ordre pour pouvoir y assister.
Un peu comme, il faut avoir fait sa première communion pour participer au sacrement de l'Eucharistie.
En fait, dans le cadre du martinisme, il y a une donnée complémentaire, le secret. Normalement, notre rituel est secret. Evidemment, comme beaucoup des choses dans ce monde, il n'est pas impossible que quelques exemplaires traînent ça et là dans des mains profanes ou figurent sur un site internet mais ces textes sans avoir vécu l'initiation n'ont vraiment pas la même portée.
Ceci dit, il n'y a pas que le rituel et la prière en commun.
Je me dois de vous décrire un autres élément important :
Le travail.
Le martinisme nécessite de travailler, de faire quelques recherches, lectures, de se questionner et partager ses réponses. Je n'irai pas affirmer ici que cela prends plusieurs heures par jour. Ce serait mentir et décourager les âmes de bonne volonté.
Le monde moderne " bouffe " un temps considérable et asservi l'homme. L'humain doit parvenir à vivre et à faire vivre les siens. L'idéal est donc de parvenir à faire du martinisme non une obligation mais une passion, un moyen d'échapper à l'esclavage de ce monde matière tout en respectant ses lois et nécessités (Il faut bien survivre).
Je vous préviens qu'ici, je donne une vision assez personnelle des bienfaits dont le martinisme et le dispensateur mais j'y crois fermement.
Nos recherches, nos travaux sont abordés lors des réunions martinistes et chacun des membres présente à un moment donné un petit travail en fonction de ses moyens. Nous n'attendons pas des chef-d'œuvres pour les générations futures (nous ne les rejetons pas non plus) mais un travail à partager, un message à faire passer même petitement.
Lors de nos réunions, nous commentons aussi des textes de Louis-Claude de Saint Martin (1759 -1762).
Qui est ce personnage ?
 Je vous invite à consulter le site de l'ordre Martiniste pour y trouver sa biographie plus complète.
En résumé ce personnage a vécu en France aux alentours de la période de la révolution.
Son père qui était de petite noblesse recherchait un statut plus élevé et avait délégué à son fils la mission de gravir les échelons.
Hélas, notre homme qui avait déjà connu le malheur de perdre sa mère ne se prêtait pas dans son fort intérieur à ce genre de quête et recherchait bien plus une voie mystique et philosophique chrétienne.
Après avoir échoué dans la voie de la magistrature, il est aiguillé par papa dans la carrière militaire.
C'est par ce biais qu'il va rencontrer Martinez de Pasqually et son ordre des Elus Cohen (Prêtres chevaliers). Quoiqu'en rapport les deux hommes ne sont pas sur les mêmes longueurs d'ondes.
Louis Claude de Saint Martin va peu à peu délaisser la voie des ordres initiatique pour des actions  de diffusion de sa pensée auprès du monde la noblesse et de ce qui est en vue à l'époque.
Un des auteurs qui va sans nul doute marquer notre homme est Jacob Boehme.
Saint-Martin considère que les rituels complexes ne sont rien en comparaison de l'attitude intérieure de l'homme lors de sa quête. C'est par ses mérites propres, dont seul Dieu est témoin, que le "cherchant" spirituel peut prétendre à la Réintégration.
Pour le reste, la vie de Louis Claude de Saint Martin est une trajectoire d'homme de devoir plus que d'homme de désir et tout un profil de soumission et de résignation aux mauvais coups que va lui imposer la destinée.
Louis Claude de Saint Martin ne fût pas un surhomme, juste un homme comme les autres qui s'efforca d'accomplir ce qu'il considérait comme son devoir le plus correctement possible.
Cet auteur et sa pensée sont des éléments fondateurs de notre courant philosophique et donc nécessitent qu'on s'y intéresse un tant soit peu. Cependant, il n'est pas demandé de le prendre comme un prophète ou un gourou quelconque (ce qu'il est loin d'être). Il nous est juste demander d'écouter ce que nous dit cet honnête homme et d'exercer notre réflexion et notre esprit critique sur ses enseignements.
C'est sans doute ce qui nous distingue le plus des courants religieux classiques.
Pas de dogmes, pas d'acte de foi nécessaire en certaines croyances, pas d'enseignement à transmettre quitte à faire violence.
J'achève ce tour d'horizon par un élément fondateur du martinisme : le christianisme.
En fait, les textes et enseignements de la Bible et des Evangiles sont des éléments importants, des passages pas forcément requis mais nécessaires dans notre recherche.
Je ne dis pas ici que nous allons en faire l'usage dogmatique qui pourrait en être fait ailleurs mais nous allons au moins jeter sur ces données un regard critique d'historien. Nous pourrons aussi aller plus loin à la mesure de notre croyance mais cette dernière ne constitue en rien une obligation.
Pourquoi cette importance aux écrits de la Bible ?
Parce qu'ils ont profondément influencés notre culture mais aussi les principaux penseurs du martinisme.
Par exemple, une étude attentive des écrits de Louis Claude de Saint-Martin, nous révèle que ce dernier connaissait parfaitement sa bible et en avait si bien digéré les aspects qu'il en imprègne ses pensées et ses écrits.
Se couper de la Bible, c'est donc se couper de la source. Cette source est historique, libre à chacun d'y voir un aspect métaphysique mais ce n'est pas le but. A la manière des protestants, nous devrions lire et relire la Bible. Ce qui j'en conviens est laborieux dans un monde aux prises avec des soucis plus matériels que l'étude des textes "sacrés".
Ceci dit, si les références de base du martinisme prennent leurs racines dans le christianisme, elles sont très loin d'en constituer l'exclusivité. Nous sommes plus que vivement invité à nous intéresser aux différentes philosophies, aux divers courants de sagesses, de spiritualité, aux religions de la planète présentes et passées.
Le  divin s'exprime aux hommes par différents moyens, canaux, et il y a lieu d'entre prendre connaissance, de comparer à la mesure de nos moyens. On découvre alors que derrière des appellations toutes différentes et d'origines très variées nous retrouvons les mêmes idées, les mêmes pensées et aussi des choses très différentes.
Personnellement, je suis à la recherche de ce fameux tronc commun qui pourrait rassembler les êtres de la planète et je ne pense pas que ce soit contraire aux finalités du Martinisme qui visent à la réintégration des êtres.   
Quoique étant très loin d'avoir fini ce tour d'horizon, je pense qu'il est temps que je m' achemine vers les conclusions.
Nous le voyons donc bien le martinisme ne devrait déboucher ni sur un mysticisme béat pas plus que sur un intellectualisme stérile. Les voies rationnelle et cardiaque, le travail individuel et collectif, l'action en soi et au dehors sont nécessaires à un cheminement fraternel mais aussi personnel et aux résultats différents de l'un à l'autre donc difficile à communiquer au travers des mots.
En résumé, le Martinisme est donc une méthode initiatique qui invite l'initié a cheminer sur deux voies complémentaires l'une rationnelle, l'autre cardiaque.  Elle agit donc d'une manière globale sur les sphères intellectuelles, émotives et physiques de l'être humain. Ce dernier peut ainsi s'il y travaille mais aussi s'il accepte de laisser agir ce qu'il y a de spirituel en lui, cheminer vers sa "réintégration" mais encore contribuer à la "réintégration" du monde des humains et du reste de la création (Encore faut-il s'entendre sur le concept de réintégration).
 
P

www.martinisme.be - www.martinisme.euro.st - www.martinisme.fr.tc - www.martinisme.fr.nr

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